Zone environnementale bleue à Berlin – Planification

Suite à la décision de la conférence des ministres de l’environnement du 07.04.2016 pour l’introduction de la pastille bleue (Blaue Plakette) en Allemagne, toutes les villes d’outre-Rhin concernées par des forts taux de pollution doivent engager une concertation sur la mise en place d’une zone environnementale bleue. La plainte latente de l’association allemande de protection de l’environnement (Deutsche Umwelthilfe – DUH) contre le Land de Berlin va encore renforcer ces discussions. En 2016, la DUH avait déjà porté plainte devant le tribunal administratif de Berlin. Elle reprochait à l’administration en charge du développement urbain et de l’environnement d’appliquer des mesures insuffisantes pour réduire les taux d’émissions d’oxydes d’azote (NOx) et se conformer aux limites maximales autorisées. Ce procès a pris de plus en plus d’importance, en particulier depuis février 2018, après que le Tribunal administratif fédéral de Leipzig se soit prononcé en faveur des citoyens et ait décidé de soutenir les restrictions de circulation en vertu du droit allemand.
De ce fait, les véhicules Diesel pourraient bientôt se voir refuser l’accès à de grandes parties du centre-ville de Berlin. Cela concernerait en priorité les zones où la qualité de l’air est la plus mauvaise, telles que la Leipziger Straße, les grands axes de Neukölln et la Hardenbergplatz à proximité de la station Zoo par exemple. Dans ces quartiers, des enquêtes ont déjà été menées pour tester le comportement de conduite et l'impact réel du trafic sur la qualité de l'air. L'introduction de la vignette environnementale bleue entraînerait très probablement des restrictions d'accès plus strictes pour ces zones. On peut supposer que cette future zone environnementale bleue ne couvrirait pas toute la superficie de la zone environnementale verte actuelle, mais concerne seulement de plus petites parties du centre-ville.

Oxydes d’azote à Berlin – Informations jusqu’en février 2018

Suite au sommet sur le Diesel en août 2017, Regine Günther, la Sénatrice de Berlin pour l’environnement et les transports a appelé les industriels de l’automobile et les politiques à agir rapidement. Dans une interview, elle explique qu’il est essentiel d’agir vite et de mettre en place des mesures concrètes pour protéger la santé publique.
À Berlin, les 16 sites de surveillances, ainsi que les 25 collecteurs de données disposés sur les autoroutes, mesurent régulièrement les excédents d’émissions. 39% d’entre elles sont dues aux véhicules Diesel. Les rejets d’oxydes d'azote des aéroports, des navigations intérieurs et des industries contribuent eux aussi à la pollution atmosphérique. Bien que des décisions intéressantes et louables aient déjà été prises au cours des dernières années, elles restent insuffisantes pour se conformer aux valeurs maximales d’émissions de NOx autorisées par la loi. Ainsi, la capitale a mis en place une vaste zone environnementale et lancé l’initiative « 1.000 taxis électriques à Berlin », la plus grande opération de taxis non polluants en Allemagne. Pour améliorer encore la qualité de l’air, le Sénat souhaite réagir et envisage d’instaurer davantage de zones de limitation de vitesse à 30 km/h. Dans un contexte ou le Diesel fait scandale, le projet de mise en place d’une pastille environnementale bleue doit encore être discuté.